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Interview avec Michaël Ferrari – Comment créer sa liberté financière avec l’immobilier et internet ?

par | 22/06/2020 | Investissement immobilier

Benjamin

Bonjour à tous. Alors aujourd’hui, j’ai le plaisir d’être avec Michael Ferrari qui est notamment le fondateur de l’Académie Esprit Riche. Il a surtout été pour moi l’un de mes premiers mentors dans l’entreprenariat et dans l’immobilier donc c’est avec plaisir que je t’interviewe aujourd’hui Michael. 

Est-ce que tu peux te présenter et nous dire toi à l’heure actuelle à qui tu t’adresses et ce que tu fais exactement.

Michael

Oui alors pour me présenter briévement, je suis Michael Ferrari et j’accompagne des gens à créer leur liberté financière. Alors liberté financière c’est un peu galvaudé mais qu’est-ce que ça veut dire concrètement, ça veut dire se créer des sources de revenus alternatifs et faciles par rapport au CDI. Et notamment via des choses que sont l’immobilier principalement, la bourse et la sphère entrepreneuriale sur Internet et même dans l’immobilier, c’est une forme d’entreprenariat. 

Donc moi ce que je fais, ça s’adresse à beaucoup beaucoup de monde. Mais ça va parler aux gens qui me ressemblent. Des gens entre 25 et 45 ans qui ont un job, qui ont une situation en place, mais il y a une insatisfaction dans le boulot, soit à cause du salaire, soit à cause du type du boulot, soit à cause des contraintes du boulot, et puis même, j’ai même beaucoup de gens qui sont contents de leurs boulots, mais voilà, ils se disent : je n’ai pas envie de faire ça jusqu’à 64 ans quoi. Donc, voilà.

Ça regroupe pas mal de gens différents, mais avec l’idée de se dire : okay, je me prends en main, je prends mon argent en main. L’argent, ben, ce n’est pas un sujet tabou, je te demande d’accepter l’idée. Et en fait, c’est sortir du schéma où l’État régit ta vie de A à Z, s’occupe de ta retraite, de ta santé, de tout, de ton job. Quand tu n’as pas de job, elle te paye. Voilà, c’est de sortir de ce truc-là, et se dire : okay, si je faisais des trucs par moi-même, qu’est-ce que ça pourrait donner. On sait qu’un retraité, il perd entre 25 et 50 % de ses revenus, selon le salaire, son statut et tous les trucs compliqués pour lesquels on est très forts, mais en gros, c’est ça. Tu perds un quart à la moitié. Donc, qu’est-ce qui se passe ? Par exemple, je mettais en place des choses pour, ben, ne pas perdre du tout de salaire à la retraite, ou même si je voulais m’arrêter avant, enfin, voilà. Ça peut recouvrir plein d’objectifs différents, plus ou moins agressifs et plus ou moins à long terme selon les gens.

Et justement, toi, finalement, comment t’en es arrivé à te consacrer, justement, à la liberté financière ? Tu disais que ton objectif c’est d’apprendre aux gens à gérer leur argent eux-mêmes, à ne pas être dépendant, comme tu l’as dit, de l’ État. Comment t’en es arrivé, toi, à cette réflexion-là ? Est-ce que tu t’es retrouvé, finalement, peut-être avant dans la situation des personnes que t’accompagnes à l’heure actuelle ?

Ah oui, complètement. Alors, moi, historiquement, ce qui a fait que je me suis intéressé à tout ça, c’est que quand j’étais adolescent, mes parents sont tombés en surendettement. Ils avaient des petits salaires. Donc, ils sont ouvriers. Eh ben, ils ne géraient pas super bien leurs finances, et puis il a suffi qu’il y en ait un qui tombe au chômage pour que, ben, tout de suite, c’est l’engrenage, et puis, voilà. Là, ça m’a interpellé, et je me suis dit : okay, je n’ai pas forcément envie de vivre comme ça. Comment je peux faire ? Qu’est-ce qu’on aurait pu faire différemment ? Et tout ça. Et donc, là, ça a planté une petite graine, mais cette graine, moi, elle met très longtemps à germer puisque j’ai quand même fait des études longues. Après, j’ai été salarié pendant un peu plus de deux ans, et après, j’ai été indépendant, j’ai monté une activité indépendante, donc, là, j’ai mis, entre cet événement et puis ce que j’avais commencé à apprendre à faire, j’ai mis vraiment beaucoup d’années à mettre en ordre les choses. Moi, ces faits-là, effectivement, quand j’étais salarié, c’est là vraiment que j’ai été le plus frustré quoi. Pour moi, le salariat, c’était assez dur. Le premier job que j’ai eu, je me souviens, j’étais en prestation de service chez Renault, et je tombe sur un autre prestataire comme moi, mais le mec, tu sais, 45 ans, désabusé. Désabusé, mais il assume. Il était en mode : le boulot de toute façon c’est bidon, mais moi je suis okay avec ça. Il abordait les choses comme ça. Donc, dès le premier jour, il me dit : tu sais, les trucs marrants de l’école, c’est fini maintenant. En mode, voilà.

Finalement, il assumait complètement le fait que lui, avait une vie qui ne lui convenait pas du tout, mais il l’assumait finalement complètement.

Ouais, c’est ça. Donc, en gros, il me disait : je vais te mettre à l’aise. Je vais t’expliquer comment ça marche. Prends mon parti et tu verras que finalement, ça va bien se passer plutôt que de lutter et d’espérer des trucs. Donc, vraiment, ça ne m’a pas trop plu, et du coup, pendant ces deux ans et demi de salariat, il y a eu des phases intéressantes. Il y a eu des équipes ou des projets intéressants, mais globalement, c’était passager, et globalement, ben, en fait, voilà, je me rendais compte que j’étais dans une coque de noix, et puis quand le projet se terminait, on m’envoyait ailleurs. C’était très difficile, même d’évoluer. Je voulais aller dans votre direction, apprendre des trucs, on me disait : non, tu ne peux pas le faire.

Enfin, voilà. C’était super frustrant, et au final, quand je m’étais tout bout à bout, alors, j’avais un salaire qui était correct parce que j’avais quand même un job de assimilé ingénieur, mais même en prenant ça au compte, je me disais : okay, ça fait tant d’années d’études, bac+5 machin, et au final, c’est quoi ta vie ? Tu vis dans 30 m2 à Paris avec un salaire correct. Mais voilà, avec ton salaire, tu ne peux même pas acheter de quoi te loger correctement dans Paris quoi, ou même à côté de Paris. Ça voudrait dire- les gens qui achetaient, je voyais, c’étaient des gens, c’était papa et maman qui leur filait 100 000, 200 000 euros, ou c’est des gens, voilà. Ce n’étaient pas des gens comme moi. Et je me suis dit : okay, qu’est-ce que je fais maintenant avec tout ça ? Et donc, le premier pas le plus évident pour moi à faire, à l’époque, c’était de me dire : okay, je suis prestataire de service, j’ai des compétences, j’avais développé une bonne expertise tout seul en prenant du temps pour moi, en apprenant des techniques, etc. Je me suis dit : okay, le pas évident, c’est de passer indépendant. Donc, de prendre mes compétences. J’assume les risques de dire : s’il n’y a pas de projet, il n’y a pas de salaire, mais par contre, s’il y a de la presta en face, je garde tout pour moi quoi. Ça ne sert à rien de verser une partie à une boîte qui, finalement, ne m’apportait pas grand-chose, et le fait déclencheur vraiment, derrière, j’ai commencé par tester des grosses boîtes de services en tant que salarié, et après, je suis allé dans une boite, où là, c’était beaucoup mieux, mais malgré tout, dans cette boîte, il s’est passé un truc. J’étais sur un projet une fois. Je n’ai pas forcément beaucoup à raconter sur ce truc-là, mais j’étais dans un projet une fois et, chez un client qui était un peu, limite psychopathe. Il y a des clients comme ça qui usent des prestataires, qui les virent, qui les mettent sous pression, ce genre de trucs. Donc, moi j’arrivais après trois personnes, et en fait, le mec, forcément, il a reproduit ça. Donc, moi je dis : okay. Je me retourne vers ma boîte, en disant : faites quelque chose puisque là on ne vas pas continuer sur un projet comme ça. Et en fait, ils m’ont laissé me démerder. Je me suis dit : okay. Si en étant dans une petite boîte comme ça, où on connait très bien, je connaissais très bien mon patron, évidemment, parce qu’on travaillait souvent ensemble et tout, si même dans ce genre de cas, je n’ai pas de support opérationnel, de soutien, de me dire, tu vois ça ne sert à rien, même dans une petite boîte.

Donc, du coup, voilà, tout ça a fait que, consultant indépendant, et ça a bien marché parce que j’ai multiplié mon salaire par trois ou quatre quoi. Mon salaire net hein. En brut, j’avais cinq, enfin, j’avais beaucoup plus. Je gardais la moitié mais ça faisait un fois trois, fois quatre par rapport à mon salaire. Donc, c’était très bien, et donc voilà, après, le fait d’être indépendant a beaucoup d’inconvénients. C’est le fait, si t’es pas présent, t’es pas payé. Donc, tu vois, la réflexion avançant, je me suis dit okay, maintenant j’ai ça, j’ai fait ce truc-là, ça me va. C’est une page, je peux tourner.

Il y avait un côté aussi, et c’est aussi d’ailleurs quelque chose qui revient beaucoup chez les gens que j’accompagne, c’est de se dire : si, par exemple, je me mets à vivre de l’immobilier, qu’est-ce qui devient de toute ma carrière, de toutes mes études, tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai mis, tout ce qu’on m’a mis dans la tête, ce que je me suis mis dans la tête et que j’ai mis 10 ans à accomplir quoi. Tu vois, entre les études longues plus ta carrière, les premiers jobs, les postes que tu fais, machin. Tu construis un plan de carrière quoi. Et c’est un peu ce qui m’est arrivé en me disant : okay, je suis consultant indépendant, j’ai une expertise de niche, qu’est-ce que je fais de tout ça quoi ? Est-ce que je suis prêt à le jeter pour faire autre chose ? Pour avoir de la liberté, pour avoir un autre style de vie, tout ça. Donc, le temps que le chemin se fasse, et puis petit à petit, j’ai commencé à mettre en place des choses, et puis j’ai basculé après entièrement, voilà, sur ce que je fais aujourd’hui quoi.

Et quand t’as commencé à basculer justement sur ce que tu fais à l’heure actuelle. Tu l’as dit au tout début : le côté liberté financière est un petit peu galvaudé dès fois. Je suis complètement d’accord là-dessus. On oublie un petit peu la réalité, dès fois, pour arriver je trouve cette liberté financière. C’est quoi, toi, si tu devais retenir deux, trois principaux challenges que t’as eu à partir du moment où tu t’es dit, ben, je commence à mettre les choses en place. C’est quoi, quand t’as lancé ta société, pour te dire, ben, je n’ai plus envie d’être juste indépendant, et que quand je ne suis pas là, je génère plus de gain, et je génère des gains que quand je suis là, et mettre des choses en place pour que ça s’automatise un beaucoup plus. C’est quoi les principaux challenges que t’as rencontrés à ce moment-là ?

Alors, il y a un challenge essentiel, c’est de trouver, pour moi, un positionnement. C’est-à-dire  savoir ce que tu vas proposer comme service ou produit, et savoir à qui tu vas le proposer et du coup, comment t’en parle, tu vois. Donc, c’est vraiment de trouver ça parce qu’en gros- la location courte durée, la location courte durée qu’à la montagne, enfin voilà. Les gens se positionnent de plus en plus pour essayer de se démarquer, c’est normal. C’est une stratégie qui marche bien. Et donc, il y a cet aspect-là et derrière, il faut que le marketing soit bon parce que ça c’est un truc aussi essentiel, c’est que on peut vendre des mauvais trucs avec un bon marketing, mais un bon produit, il ne se vendra pas s’il n’y a pas un bon marketing. Voilà. Donc, le marketing est essentiel, c’est une pierre incontournable.

Et c’est bien, tu m’ouvres à ma seconde question, justement, ça va être quoi concrètement pour toi un bon marketing, parce qu’il y a toutes sortes, là encore, de marketing, ça va être quoi pour toi un bon marketing ?

Eh ben, enfin, ce qui fait qu’un marketing marche, c’est que derrière, ça convertit, c’est-à-dire ça prend un prospect et ça transforme en client. Ça, c’est le seul indicateur qui compte. Un bon marketing, ce n’est pas forcément un beau marketing. Ce n’est pas forcément des trucs jolis ou visuellement réussis. C’est plus un truc où tu entres dans la tête de tes clients, tu les comprends de manière intime, et on dit souvent que tu les comprends qu’ils ne se comprennent eux-mêmes, c’est-à-dire que tu es capable de décrire la vie d’un de tes prospects lambdas, et la personne elle dit ça, elle se dit : comment il le sait ? Comment t’es au courant que je passe une demi-heure le matin dans ma voiture, et que sur le trajet, je suis en train de me dire : ce n’est pas la vie que je voulais, ceci, cela. Enfin, peu importe l’histoire mais voilà. C’est de vraiment bien comprendre ton prospect. Donc, un bon marketing c’est ça. Tu comprends super bien ton prospect, t’es capable de lui parler, et t’es capable de lui montrer que tu l’as compris parce qu’un bon marketing, ce n’est pas un marketing où tu vas démontrer par A + B que t’as la solution. Ce n’est pas ça. C’est vraiment prendre le prospect de là où il est aujourd’hui, souvent dans une situation de douleur, de peur ou de frustration, de dire, voilà, je pense que tu vis ça et si c’est ça, voilà, je t’ai compris, et voilà comment je vais pouvoir éventuellement t’aider.

Okay, donc, vraiment prendre le temps de bien définir son offre, d’arriver à partir de sa personne pour se différencier de ses concurrents, et prendre le temps vraiment de réfléchir sur son avatar finalement. Ce serait les trois grands piliers que tu conseillerais maintenant sur une personne, qui part de zéro et qui se lance sur internet. Est-ce qu’il y a d’autres choses que tu conseillerais à une personne comme ça qui démarre de zéro, outre ce qu’on a déjà énormément évoqué là ?

Alors, si on parle de business purement internet, après, il y a des questions un peu plus stratégiques que comment- moi je viens d’un monde et d’un milieu où la stratégie, c’était le contenu gratuit. Donc, moi c’était, tu vois, le blog. On diffusait beaucoup de contenus ou les vidéos ont beaucoup de contenus gratuits, dont le but de dire : okay, tu apportes d’abord de la valeur, et après, éventuellement, il y aura dans la masse, des gens qui te regardent, certains qui seront intéressés par les pubs. Ça, c’est une des approches, mais ce n’est pas la seule. Et c’est pour ça qu’il faut voir si, en gros, si la personne aime créer du contenu. Moi, c’est un truc que j’aime. J’aime écrire, j’aime faire des vidéos, donc, c’est facile, et parce que ce n’est pas la seule approche. On peut tout à fait dire : okay, j’ai l’approche où je vais partir sur uniquement de la publicité. Je vais acheter du trafic. C’est une autre manière de travailler quoi.

C’est hyper intéressant ce que tu dis. C’est toujours ce que j’essaie d’expliquer à mes clients. C’est qu’il n’y a pas une seule et unique manière comme un petit peu, finalement, dans l’immobilier. Il n’y a pas qu’une seule et unique manière d’investir dans l’immobilier, il n’y a pas qu’une seule et unique manière de faire du marketing, et je pense que le plus important c’est comme tu l’as dit, c’est de trouver, finalement, ce qui correspond à toi, au lieu de se forcer à se dire : si c’est à la mode de créer du contenu, alors moi aussi je vais créer du contenu, alors qu’en soi, ça nous embête plus qu’autre chose, et qu’on n’est pas fan de la création de contenu.

Ouais, carrément. Et en plus, il y a des effets de mode, c’est-à-dire que, par exemple, aujourd’hui, tu vois, faire des articles écrits, ce n’est plus à la mode. Donc, et pour moi, c’est pour ça que je pense que ça redevient une bonne stratégie. Comme il y a beaucoup moins de gens qui le font, c‘est-à-dire si tu le fais et si tu le fais bien, ça va te démarquer. Ce qu’il ne fallait pas faire, c’est écrire des articles il y a deux ans, il y a trois ans ou quatre ans, quand tout le monde s’était mis à écrire des articles. Là, aujourd’hui, par exemple, il y a beaucoup de gens qui se mettent à faire des vidéos. T’as la vidéo, t’as les podcasts aussi qui est en train d’exploser. Donc, est-ce que c’est le moment de faire ce genre de trucs maintenant ? Pourquoi pas. Ça peut surement marcher, mais je pense que, tu vois, dans l’approche stratégique et dans les fondamentaux, ce qui marche bien, c’est de faire des choses et d’utiliser des moyens qui ne sont pas utilisés par 90 % de tes concurrents. C’est un élément que j’aime bien, moi, ajouter en termes d’approche stratégique. Moi, quand j’ai commencé mon blog, il n’y avait pas beaucoup de blogs. Forcément, ça marchait. C’était lu, il y avait du trafic facilement. Le mec, il est arrivé 5 ans plus tard, 10 ans plus tard, ce n’est pas la même histoire quoi.

C’est intéressant parce qu’on en revient finalement à que tu disais avant sur le côté imitation égale suicide, entre guillemets, quand on lance un business. Là, ça va être la même chose. Si on suit un effet de mode pour faire comme tout le monde, finalement c’est peut-être plus une erreur qu’autre chose, alors qu’on peut prendre ses propres modes à soi, qui nous conviennent et qui sont peut-être, où il y a beaucoup moins de concurrence là-dessus.

Ouais, c’est ça. Par exemple, tu vois, je connais quelques personnes qui ont des business qui fonctionnent bien et ils utilisent Télégramme. Le Télégramme, ce n’est pas très utilisé, il y a très peu de gens qui connaissent, mais tu peux vraiment gérer des groupes, par exemple, et tu as une connexion avec ta communauté qui est énorme. Donc, tu vois, un mec qui veut se lancer sur un secteur ou un autre, peu importe, qui se dit : moi je vais monter ma communauté sur Télégramme, ça va être différencier de tous les 90 mecs qui vont monter des groupes Facebook que personne ne lit plus avec des notifications noyées dans les notifications de tous les autres trucs, tu vois. C’est là où il faut avoir développé une intelligence pratique de terrain, et ça, ça devient, ben, soit en échangeant avec des personnes, soit en creusant les sujets, et voilà, il ne faut pas hésiter à aller sur des choses comme ça, surtout au départ. Surtout quand tu dois te lancer, quand tu dois te différencier, quand tu dois construire ta communauté. C’est surtout là que c’est important.

Depuis le début, on parle beaucoup de marketing, d’entreprenariat. T’es également un investisseur immobilier très chevronné. Quels sont, pour toi, les points communs, je pense qu’il y en a beaucoup, mais quels sont, pour toi, les deux, trois grands points communs qu’il y a justement  entre un investisseur immobilier et un entrepreneur ?

Ah oui, alors, il y a plein de points communs. Dans l’immobilier, tu peux vraiment avoir une approche, on va dire, assez passive, c’est-à-dire tu prends un service clé en main et quelqu’un va te trouver un bien, et te le rénover et tout ça. En gros, tu ne réfléchis pas trop. C’est une forme d’investissement mais pourquoi pas hein. Ça créer du patrimoine et c’est bien, mais tu peux avoir l’extrême opposé où tu es impliqué dans chacun des détails, et là, effectivement, il peut y avoir pas mal de liens avec l’entreprenariat, dans le sens où, en fait, quand tu vas visiter un bien, c’est un projet, donc tu peux, le bien avec son emplacement, avec sa configuration, tu vas pouvoir imaginer quelque chose, un projet pour un type de population donnée. Donc, tu vois, c’est ton offre. Tu vas monter une offre, et tu vas, derrière, mettre en place des processus pour que ça soit mis en œuvre. C’est pareil.

Les parallèles qu’on peut faire, c’est que dans l’immobilier, par exemple, il y a des gens qui font tout eux même. Ils font les travaux eux-mêmes. J’en connais un qui fait ça. Il passe toutes ses soirées, les week-ends, tout ça. C’est son approche. Voilà, c’est une approche et on peut faire le parallèle avec l’entreprenariat où t’as le mec il fait tout lui-même de A à Z, et il continue comme ça parce qu’il pense que c’est la même stratégie. Il paie moins cher les travaux et ça lui va dans son approche. Il s’est créé une cohérence autour de tout ça. À contrario, ben, si tu veux monter une équipe d’artisans, leur déléguer pas mal de choses, tu peux choisir d’être impliqué dans le pilotage du chantier ou pas voilà. Il peut y avoir des approches différentes. Donc, on peut faire les parallèles en terme de délégation, en terme de créer une offre qui soit adaptée au marché local, dans le fait aussi d’innover un peu parce que dans l’immobilier, alors ça reste un secteur assez classique, mais tu peux innover un peu dans les matériaux, dans les configurations, dans la décoration, et même dans l’offre.

Il y a un truc qui émerge depuis deux, trois ans, c’est tout ce qui est coliving. Donc, aujourd’hui, tout le monde connait la colocation, et d’ailleurs, ça commence à être un peu en saturation dans certaines villes. Et le coliving, c’est un peu l’étape du dessus et c’est une forme d’innovation dans l’immobilier. Alors, ça va rester anecdotique hein. Tout le monde ne va pas faire du coliving, et ça ne va pas répondre à tous les besoins, mais ça va correspondre à une catégorie particulière de personnes qui ont des besoins comme ça de coliving. Alors, coliving, en gros, c’est la colocation, mais packagée, c’est-à-dire que t’as vraiment tous les services potentiellement dedans, avec la femme de ménage, la personne qui vient même te remplacer tes draps. Voilà, c’est un mi-chemin entre l’hôtel et la colocation, enfin, c’est un niveau en plus avec des espaces communs. Mais ça reste du marché de niche.

C’est comme, je faisais le parallèle avec les voitures électriques, j’avais entendu une conférence sur ça il n’y a pas longtemps. Il y a deux ans, non, c’était l’année dernière, et le gars de, je ne sais pas, de BMW il disait : ouais, vous êtes gentils avec les voitures électriques, tout le monde en parle, mais c’est 1 % du marché. Voilà. Donc, il a dit : okay, c’est l’avenir, on y va, mais ça ne sert à rien de s’énerver parce que c’est 1 % des ventes. Donc, vous êtes bien gentils mais on ne va pas non plus baser toute notre stratégie sur 1 % des ventes. Voilà, c’est aussi pour ça, c’est-à-dire que tu peux avoir un positionnement en tant qu’entrepreneur, dire : okay, moi je vais aller sur un truc extrêmement niché, coliving. C’est un marché très particulier et tu peux positionner là-dessus pour, après, étendre ton offre sur des trucs plus classiques.

Donc, on peut faire plein de parallèles autour de ça, et après, il peut même y avoir de la créativité. Il y a des formes d’immobilier qui sont vraiment de l’entreprenariat, notamment si tu fais la location courte durée. On est vraiment dans une forme d’entreprenariat parce que tu exploites un bien, c’est-à-dire que ce n’est plus de la location d’habitation, c’est vraiment de l’exploitation commerciale. Et là, en fait, tu montes une boîte. Quand on a un ou deux, tu peux gérer tranquillement, mais quand tu veux en avoir plus de trois, quatre, cinq, et surtout quand tu ne veux pas tout faire toi-même, ben là, tu te retrouves à monter une boîte vraiment de A à Z. Une boite de service qui fournit de l’hébergement. Donc, t’es pas un hôtel parce que tu n’as pas les mêmes contraintes, t’as pas les mêmes attentes, même, ça ne répond pas aux mêmes attentes pour les clients, mais par contre, c’est un vrai business. C’est-à-dire que tous les jours, il y a des choses qui arrivent, et tous les jours, il faut traiter, corriger, voilà.

Tu disais à un moment. Il y a un passage qui m’a intrigué. Tu parlais de colocation justement, enfin, moi je fais aussi de la colocation, t’en fais également. Tu disais que ça arrivait, par exemple, un petit peu à saturation, comme, dès fois, on peut croire un marché dans l’entreprenariat que ce marché-là va arriver à saturation. Qu’est-ce que tu conseilles dans ces cas-là, si on reste toujours sur l’exemple de l’immobilier par exemple ? Okay, je sens que la collocation commence à arriver à saturation. Qu’est-ce que tu conseilles de faire dans ces cas-là ? Est-ce que ça va être, finalement, de se dire, ben, c’est à saturation peut-être dans cette ville, donc, je vais aller voir dans d’autres villes si ce n’est pas à saturation ? Changer complètement de modèle mais de se dire : ben oui, le coliving c’est peut-être une bonne chose, mais ce n’est qu’un 1 % du marché comme tu le disais. Qu’est-ce que tu conseilles dans ces cas-là quand tu sens qu’un marché commence à être à saturation finalement ?

Là, après, tu pars sur des stratégies classiques de pivot quoi, en entreprise, où tu te dis : okay, c’est quoi les atouts que j’ai et qu’est-ce que j’ai envie de faire. Donc, concrètement, sur un marché colocation, ben, t’as une approche qui va être de dire : okay, je vais- il faut une approche très simple, c’est de se dire, il faut créer des colocations qui soient plus- qui ait plus de personnalité. Pas forcément beaucoup plus cher. Tu peux aller sur du haut de gamme en terme de population, mais déjà, si elles ont vraiment une personnalité beaucoup plus marqué. C’est-à-dire que ce n’est plus les appartements avec une couleur pastel et trois accessoires, tu vois. Ça demande un peu plus de réflexion. Pareil, connaitre à qui ça va s’adresser. Donc, c’est d’aller sur des trucs un peu plus nichés où tu niches, voilà. Si tout le monde fait des colocations comme tout le monde, ben toi tu niches. Ou alors proposer, effectivement, là où il n’y en a pas, ou moins, avec le risque que ça va être- il va y avoir moins de demandes, et puis peut-être un jour, ça sera saturé aussi. Et puis, après, il y a une troisième possibilité qu’on ne connait pas. Il faut toujours garder cette porte ouverte, de se dire : okay, comme je suis au contact des colocs, je vois ce qu’ils demandent, je vois pourquoi ils viennent, pourquoi ils partent. C’est essayer d’identifier, finalement, qu’est-ce qu’on pourrait inventer. Inventer un nouveau modèle, une déclinaison peut-être de la colocation ou peut-être autre chose. Qu’est-ce qui ferait qu’on pourrait inventer autre chose, et toujours pareil, se démarquer. Donc, après, si on reste sur du classique, typiquement, il risque d’avoir une complication sur les prix, et puis une pression sur les délais de relocation. Mais, voilà, si on se démarque, si on se dit, tu vois, on pourrait très bien imaginer que tu crées une colocation dédiée plutôt avec une ambiance plutôt masculine. Tu vois, tu vas mettre un baby, tu vas mettre des machins qui plaisent plutôt aux hommes, et puis tu peux, de la même manière, créer une colocation plutôt féminine, et là, tu vas créer plutôt quelque chose, alors sans rentrer dans les clichés, mais tu vois, quelque chose qui va plutôt parler à une clientèle ciblée.

Ouais, je suis d’accord avec toi. J’avais vu des exemples, par exemple, aux États-Unis où des colocations se créent de plus en plus. C’est une colocation spécifique pour entrepreneur et freelance finalement.

Exactement.

Donc, ils ont dans cette colocation, finalement, on n’a plus un salon, entre guillemets, classique, mais c’est leur open space qui fait un mixte, en fait, entre un espace de coworking et la colocation classique finalement.

Ouais, ça, c’est hyper classique. San Francisco, je pense, c’est le truc classique de la maison avec trois chambres et puis le salon qui fait coworking. C’est un super exemple hein. Si tu crée un truc comme ça, je pense que ça peut vraiment bien marcher de créer un bel espace, mais du coup, voilà, il faut l’adapter, pareil, aux besoins de ces types de population, où là, ils auraient besoin d’avoir une belle table, d’avoir des conditions aussi qui permettent le travail, qui permettent que les gens puissent manger à côté sans se déranger, voilà. Mais c’est des idées qui, je pense, qui se travaillent et c’est vrai que les gens dans l’immobilier, surtout quand on débute, on veut reproduire un modèle, mais les gens n’osent pas trop sur des choses comme ça un peu différentes. Je pense que dans des villes où c’est adapté, tu peux te permettre de faire des trucs comme ça, et du coup, ça te singularise énormément quoi.

Et sur l’immobilier, j’avais juste une dernière question là-dessus, sur ces 12 derniers mois, 24 mois, je crois que t’as mis, enfin, je te laisserai confirmer bien sûr, un énorme coup d’accélérateur, justement, dans tes investissements. Qu’est-ce qui a fait que t’as donné ce coup d’accélérateur, alors que finalement, t’avais déjà de nombreux biens et que l’entreprenariat marchait assez bien pour toi. Qu’est-ce qui a fait que t’as donné ce coup d’accélérateur supplémentaire en terme d’investissement immobilier ?

Oui, c’est vrai que j’ai pas mal fait de choses ces deux dernières années. Je n’ai plus les chiffres exacts en tête, mais j’ai dû doubler mon patrimoine je pense en- où je devais avoir une vingtaine de biens, et j’ai dû passer- je suis à quarante de biens aujourd’hui. Ce qui a fait, c’est une combinaison de choses. J’étais sur un marché qui s’y prêtait bien. J’avais les financements facilement, assez facilement. Généralement, c’était un mail, un dossier et puis c’était bon. Et puis stratégiquement, dans mon approche, moi j’ai toujours eu dans l’idée de dire : il vaut mieux développer le plus de patrimoines immobiliers le plus tôt possible pour qu’après, ça roule, ça se rembourse et puis après, tu revends, soit tu le gères, tu l’exploites et tu encaisses des loyers quoi. Et voilà, vaut mieux le faire le plus tôt possible. Donc, j’avais réuni ces conditions-là, et puis, moi, j’avais l’objectif d’arriver à un niveau de loyer, voilà, je visais 15 000 euros de loyer mensuel. Je voulais atteindre cet objectif parce que pour moi c’était un objectif, et de me dire : okay, c’est le niveau de loyer que je veux avoir en mode passif. Je ne fais pas de location courte durée, mais juste avec de l’exploitation plutôt passive sur le pilier immobilier. Voilà. C’était l’objectif, et c’est pour ça que j’ai accéléré un peu dessus, puis après, ça s’est fait au gré de ce que j’ai trouvé, évidemment, parce qu’il faut trouver des projets qui s’y prête, et comme j’étais dans une phase où je voulais, sur ce marché-là, j’étais présent, et puis après, je voulais déménager aujourd’hui au Portugal, et je voulais, tu vois, boucler un maximum de projet avant de bouger.

Donc, finalement, plusieurs idées se sont embringuées en même temps pour que tu passes à l’action comme ça. Sur cette notion, justement, d’avoir plusieurs idées ou plusieurs projets à la fois, c’est ma dernière question pour cette interview, comment t’arrives justement à gérer cette phase entre l’immobilier et l’entreprenariat, et arriver à gérer finalement trois mois dans l’année.

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